Je m'intéresse à l’évolution des sociétés d’insectes, et plus particulièrement aux conflits d’intérêts entre membres d’une même colonie. J'étudie leur régulation et leurs conséquences au niveau des individus et de la colonie, chez des fourmis et des guêpes. |
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Reproduction par fission chez la fourmi Aphaenogaster senilis: |
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De nombreuses insectes sociaux se reproduisent par fission des colonies, la colonie mère émettant un ou plusieurs propagules contenant une ou plusieurs reines (ou larves de reines) accompagnée(s) de nombreuses ouvrières. Ce mode de reproduction diffère grandement de l'essaimage, où les colonies émettent de nombreuses reines qui s'envolent au loin et commencent seules leurs colonies. La reproduction par fission est fréquent chez les insectes sociaux mais néanmoins trés peu connue, tant au niveau proximal qu'ultime. Elle a en particulier de nombreuses implications sur les conflits parents-enfants (colonie mère-propagules), l'investissement dans la croissance et la reproduction, le ratio des sexués, et les conflits entre ouvrières pour les espèces polyandres. Chez la fourmi Aphaenogaster senilis, qui est monogyne et monandre, nous étudions comment la reine âgée est remplacée. Quelques nouvelles reines sont produites et nous étudions comment l'une d'elle hérite de la colonie (conflits entre nouvelles reines, rôle des ouvrières, critères de choix des reines). Ce travail est fait en collaboration avec Claudie Doums et Blandine Chéron. Ci-contre reine et ouvrières d'Aphaenogaster senilis. Notez les ailes courtes de la reine, inaptes pour le vol. |
Reproduction par fission chez la fourmi Cataglyphis cursor : |
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Nous étudions aussi la reproduction par fission chez la fourmi Cataglyphis cursor, qui est monogyne et hautement polyandre, au laboratoire et en nature. Nous analysons le déroulement des fissions, la composition numérique et génétique de la colonie mère et des propagules, la dispersion de ces dernières, et le type de reine à la tête des propagules (produite par reproduction sexuée ou parthénogénétique). Ce travail est fait en collaboration avec Claudie Doums, Blandine Chéron et Adam Cronin. Ci-contre reine et ouvrières de Cataglyphis cursor. Notez l'aile courte de la reine (qui a commencé à perdre ses ailes), inaptes pour le vol. Lors de la fission d'une colonie les ouvrières fourrageuses transportent les autres ouvrières et les sexués vers les nouveaux nids.
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Régulation de la reproduction chez la guêpe Polistes dominulus: |
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Chez P. dominulus le nid est initié au printemps par des femelles qui ont hiberné et sont appelées fondatrices. Une à dix fondatrices s'associent pour faire le nid, mais seule la plus dominante se reproduit. Les femelles de la première génération produite sont généralement un peu plus petites que les fondatrices mais néanmoins capable de se reproduire. Certaines quittent le nid mais la plupart restent et aident leur mère, fonctionnant donc comme des ouvrières. Les fondatrices dominées disparaissent du nid lorsque ces "ouvrières" émergent. J'étudie comment les ouvrières "décident" de se reproduire ou non, comment elles peuvent estiment la qualité des fondatrices et interférer dans les conflits entre fondatrices. Ci-contre une ouvrière pond en présence de deux fondatrices, marquées d'un point rouge et blanc sur le thorax. Vidéo d'une ouvrière de Polistes dominulus pondant un oeuf malgré la présence de la fondatrice alpha (marquée d'un point rouge) à ses côtés (enregistrement à 4 images/secondes, accéléré huit fois). |
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Régulation de la reproduction chez les fourmis sans reine: |
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Certaines fourmis n'ont pas de reine (femelle morphologiquement spécialisée pour la reproduction), de sorte que la reproduction est faite par les ouvrières, qui sont capables de s'accoupler dans ces espèces. Toutes les ouvrières sont identiques et peuvent se reproduire. Pourtant, dans beaucoup d'espèces une seule ouvrière se reproduit et ceci est réglé socialement, par une hiérarchie de dominance et des signaux chimiques. Ce travail est fait en collaboration avec Christian Peeters. Ci-contre des ouvrières dominées immobilisent une ouvrière dominante qui a tenté de supplanter l'ouvrière reproductrice chez Dinoponera quadriceps. |